top of page

Comprendre le trouble borderline

Le trouble de la personnalité borderline, aussi appelé TPB ou trouble de la personnalité limite, est encore très mal compris. Il est souvent réduit à des émotions intenses, à une peur de l’abandon ou à des relations compliquées.

Dans la réalité, il touche plusieurs dimensions de la vie : la régulation des émotions, l’image de soi, les relations, le rapport au corps et certains comportements.

 

Il peut surtout prendre des formes très différentes d’une personne à l’autre.

​

Comprendre ce trouble, ce n’est pas enfermer une personne dans une définition. C’est mettre des mots sur ce qu’elle traverse, distinguer le vécu réel des idées reçues et ouvrir l’accès à des formes de soutien adaptées.

Lou_plein-d-humeurs.png
Fiona-picture.png

Pourquoi je vous en parle

J’ai reçu mon diagnostic de trouble borderline en avril 2023, à 28 ans, après plus de dix années d’errance et de questions sans réponse.

​

Ce diagnostic a d’abord été un soulagement. Il me permettait enfin de comprendre certaines émotions, réactions et difficultés que j’avais longtemps interprétées comme la preuve que quelque chose n’allait pas profondément chez moi.

​

Mais en cherchant des informations, j’ai aussi découvert toute la stigmatisation qui entoure ce trouble. Les personnes concernées étaient encore souvent décrites comme manipulatrices, dangereuses ou incapables de construire des relations stables.

​

BorderAttitude est notamment né de cette envie : proposer une compréhension plus humaine du TPB, nourrie à la fois par le vécu, les témoignages, la psychoéducation et la recherche.

​

Je ne suis ni psychiatre ni psychologue. Les informations présentes sur cette page ne remplacent donc pas un avis médical ou une évaluation clinique.

Ce n'est pas votre personnalité qui est "défectueuse"

Le terme « trouble de la personnalité » peut faire peur. Il peut donner l’impression que toute la personnalité pose problème ou que le diagnostic décrit entièrement la personne.

​

Ce n’est pas le cas.

​

Un trouble de la personnalité désigne plutôt un ensemble de fonctionnements psychiques devenus rigides, envahissants ou douloureux. Certaines manières de réagir, de se protéger ou de chercher du lien ont pu se construire très tôt. Elles ont parfois été utiles pour traverser certaines situations, mais peuvent devenir très coûteuses au quotidien.

​

Vos valeurs, votre sensibilité, vos passions, votre créativité et tout ce qui fait que vous êtes vous ne se résument jamais à un diagnostic.

Que signifie le mot « borderline » ?

Le mot borderline signifie littéralement « à la limite ».

​

Au début du XXᵉ siècle, certaines personnes étaient considérées comme se trouvant à la frontière entre la névrose et la psychose. La compréhension du trouble a beaucoup évolué depuis, mais le terme est resté.

​

En français, vous pourrez également rencontrer l’appellation « trouble de la personnalité limite » ou TPL. Elle désigne le même trouble.

​

Aujourd’hui, le TPB est notamment associé à une grande vulnérabilité émotionnelle.

 

Les émotions peuvent monter rapidement, atteindre une intensité très forte et mettre davantage de temps à redescendre.

Les neuf critères diagnostiques selon le DSM-5

Pour qu’un diagnostic puisse être envisagé, au moins cinq de ces critères doivent être présents de manière durable, avoir des répercussions significatives dans plusieurs domaines de la vie et ne pas être mieux expliqués par les effets d’une substance, d’un médicament ou par un autre trouble.

Relations.png

Des relations instables et intenses, pouvant alterner entre idéalisation et dévalorisation.

Abandon.png

Des efforts intenses pour éviter un abandon réel ou imaginé.

 

Dissociation.png

Des idées de persécution transitoires ou des symptômes dissociatifs déclenchés par le stress.

Colere.png

Des colères intenses ou difficiles à contrôler.

Lou-calme.png
Identite.png

Une image de soi ou un sentiment d’identité instable.

Impulsivite.png

Une impulsivité dans plusieurs domaines potentiellement dommageables.

Suicide.png

Des comportements, gestes ou menaces suicidaires, ou des comportements auto-dommageables.

Vide.png

Un sentiment chronique de vide.

Humeurs changeantes.png

Une forte réactivité émotionnelle et des changements rapides d’humeur.

Un diagnostic ne peut être posé que par un·e professionnel·le qualifié·e.

Vous préférez m'écouter en parler ?

Dans cette vidéo, je vous présente les neuf critères du trouble borderline avec des mots simples et quelques exemples concrets pour mieux comprendre la manière dont ils peuvent se manifester.

fleche.png

Un trouble, une multitude de vécus

Il faut réunir au moins cinq critères sur neuf pour recevoir un diagnostic. 

​

Deux personnes diagnostiquées peuvent donc avoir très peu de manifestations en commun. Il n’existe pas une seule manière de vivre avec un TPB, mais une multitude de vécus, de trajectoires et de besoins.

Se reconnaître dans un ou plusieurs critères ne signifie pas nécessairement présenter ce trouble. Tout le monde peut ressentir de la colère, avoir peur de perdre une personne ou agir de manière impulsive.

​

Ce qui fait la différence, c’est notamment l’intensité, la répétition, la durée et l’impact de ces difficultés sur le quotidien.

256

combinaisons possibles

Hypersensibilité ou dysrégulation émotionnelle ? 

Hypersensibilité 

Une sensibilité émotionnelle plus intense qui rend les émotions plus envahissantes et plus difficiles à gérer.

hypersensibile.png

Dysrégulation émotionnelle

Des émotions qui montent très vite, très fort et qui redescendent plus lentement, même dans des situations du quotidien.

dysregulation.png

Il est possible d’être très sensible sans présenter de dysrégulation émotionnelle ni de trouble borderline. Dans le TPB, les deux peuvent cependant se rencontrer.

​Vous souhaitez aller plus loin ?

Découvrez des témoignages, des supports autour du trouble borderline et quelques pistes pour mieux comprendre ce que vous vivez ou ce que traverse un·e proche.

Télécharge gratuitement ton workbook borderline afin de mettre en place des habitudes de vie saines, BorderAttitude
Vos temoignages
Visuel ces phrases qui font du bien.png
dou-ca-vient.png

D'où vient le trouble borderline ?

Il n’existe pas une cause unique du TPB, ni nécessairement une personne ou un événement à blâmer.

​

Son développement semble lié à une combinaison de facteurs biologiques, émotionnels, relationnels et environnementaux. Le modèle biosocial, notamment développé par la psychologue Marsha Linehan (elle-même concernée), évoque la rencontre entre une vulnérabilité émotionnelle et un environnement invalidant.

​

Un environnement invalidant est un contexte dans lequel les émotions ou les besoins d’une personne sont régulièrement minimisés, ignorés, incompris ou punis. Cette invalidation n’est pas toujours volontaire ou malveillante.

​

Des traumatismes ou des expériences difficiles peuvent également jouer un rôle, mais toutes les personnes concernées n’ont pas vécu de traumatisme identifiable.

​

Comment le diagnostic est-il posé ?

Le diagnostic du TPB ne repose ni sur un test en ligne, ni sur une prise de sang, ni sur une impression formulée en quelques minutes.

​

Il se construit généralement au fil de plusieurs entretiens avec un·e professionnel·le de santé formé·e. L’évaluation prend en compte l’histoire de la personne, la durée des difficultés, leur présence dans différents contextes et leur impact sur le quotidien.

​

Certains symptômes peuvent aussi être présents dans d’autres fonctionnements ou troubles, notamment le TDAH, l’autisme, le trouble bipolaire ou le trouble de stress post-traumatique complexe. Plusieurs peuvent également coexister.

​

Le rôle de l’évaluation n’est donc pas seulement de vérifier une liste de critères, mais de comprendre ce qui se joue dans la vie de la personne.

6857671a-add5-480d-a46d-267a303779eb.png

Quelques idées reçues

« Les personnes borderline sont manipulatrices »

01-mythe-manipulation.png

Certains comportements peuvent être difficiles à comprendre ou à vivre pour l’entourage. Ils peuvent cependant traduire une détresse intense, une peur de perdre le lien ou une tentative maladroite d’être rassuré·e.

​

Comprendre un comportement ne signifie pas tout accepter. Cela permet de sortir d’une lecture uniquement morale et de chercher ce qui pourrait aider.

« Le TPB empêche d’avoir des relations stables »

03-mythe-relations-stables.png

Les relations peuvent être traversées par davantage de peur, d’intensité ou d’insécurité. Cela ne signifie pas que des liens durables et profonds sont impossibles.

 

Une relation stable ne doit pas être réservée à une personne qui serait enfin stable. Elle peut se construire progressivement, avec de la compréhension, des limites et une implication mutuelle.

« Le TPB concerne uniquement les femmes »

Le diagnostic est davantage posé chez les femmes, mais cela ne signifie pas que les hommes ou les personnes d’autres genres ne sont pas concerné·es.

​

Le genre, les attentes sociales et les biais des professionnel·les peuvent influencer la manière dont la souffrance est exprimée, interprétée et diagnostiquée.

02-mythe-uniquement-femmes.png

« Le TPB ne peut pas évoluer »

04-mythe-evolution.png

Le trouble borderline n’est pas une condamnation à vie.

​

Avec le temps, de nombreuses personnes voient leurs symptômes diminuer et leur quotidien s’apaiser, notamment lorsqu’elles rencontrent un accompagnement qui leur correspond.

Lou-avec therapeute_edited.png

Trouver un accompagnement

Différentes psychothérapies ont été développées pour accompagner les personnes concernées, notamment :

  • la thérapie comportementale dialectique ;

  • la thérapie des schémas ;

  • la thérapie basée sur la mentalisation.

​

Il n’existe pas un parcours unique qui conviendrait à tout le monde. Les besoins, les possibilités et le rythme diffèrent selon chaque personne.

​

L’objectif n’est pas de devenir une version plus performante de soi-même. Il peut être de mieux comprendre ce qui se passe, de souffrir moins, de retrouver davantage de choix et de construire une vie qui soit plus soutenable.

Guérison, rémission, rétablissement : quelles différences ?

La guérison

Dans le langage courant, guérir évoque souvent la disparition complète et définitive d’un trouble. Ce mot peut toutefois donner l’impression qu’il faudrait ne plus jamais rencontrer de difficulté pour aller réellement mieux. Lorsqu’il s’agit du trouble borderline, on parle donc plus souvent de rémission et de rétablissement.

guerison.png

La rémission

La rémission est un terme clinique. Elle désigne le fait de ne plus remplir suffisamment de critères pour que le diagnostic soit posé. Cela ne signifie pas que toute sensibilité disparaît ou que les moments difficiles n’existent plus, mais que les symptômes ne dominent plus la vie de la même manière.

remission.png

Le rétablissement

retablissement.png

Le rétablissement est un chemin plus personnel. Il peut consister à mieux comprendre son fonctionnement, apprendre à traverser ses émotions, construire des relations plus sécurisantes et retrouver une vie qui a du sens. Ce processus n’est pas linéaire et ne correspond pas à un état parfait à atteindre.

Aujourd’hui, je me considère stabilisée et en rémission. Pourtant, je ne dirais pas que je suis arrivée au bout du chemin ou définitivement « rétablie ». Il m’arrive encore de traverser des pensées difficiles ou des moments d’activation, mais ils sont moins envahissants et je dispose de davantage de repères pour y faire face.

​

Je préfère donc me voir en cours de rétablissement. Les périodes plus compliquées n’effacent pas le chemin parcouru : elles en font partie.

7.png

De mon côté

Vous vous reconnaissez dans certaines descriptions ? 

Une lecture ne permet pas de poser un diagnostic. Néanmoins, que ce diagnostic soit posé ou non, la souffrance et les difficultés vécues méritent néanmoins d’être entendues.

Lou-aide.png

Et maintenant ?

Écouter d'autres vécus

podcast time.png

Dans le podcast Tu serais pas un peu Border, je donne la parole à des personnes concernées, des proches et des professionnel·les pour explorer la santé mentale à partir des expériences vécues.

Vous souhaitez en parler ?

Les séances individuelles proposent un temps pour déposer ce que vous traversez, mieux comprendre votre fonctionnement et explorer ce qui pourrait vous soutenir.

Vous aimeriez ne pas rester seul·e avec tout cela ?

Les ateliers sont des espaces collectifs pour rencontrer d’autres personnes en ligne ou en présentiel à Bruxelles, partager autrement et expérimenter à travers la parole, le corps et le jeu.

Découvre un extrait de l'E-Book "Naviguer à travers le trouble borderline", BorderAttitude

Vous souhaitez approfondir votre compréhension du TPB ?

​Retrouvez également mon guide consacré au trouble borderline.

Newsletter.png

Un peu de BorderAttitude dans votre boîte mail

Des nouvelles de BorderAttitude, des ressources, des réflexions et les prochains rendez-vous. Le tout, de temps en temps, sans injonction à devenir une meilleure version de vous-même.

bottom of page